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Marché Central de Kinshasa

Le gouverneur de la ville de Kinshasa, Gentiny Ngobila Mbaka, ferme le Marché central de Kinshasa à dater de ce mercredi 20 janvier 2021, conformément à son communiqué du 14 janvier 2021.

Le communiqué accordait un délai de six jours aux vendeurs et commerçants exerçant leurs activités dans ce lieu de négoce pour se retrouver provisoirement dans les marchés municipaux tels que Kalembe-Lembe, Libération (ex-24 Novembre) dans la commune de Lingwala; Itaga et Kabinda dans la co-mmune de Kinshasa. La relocalisation est gratuite dans les marchés aménagés.

Le gouverneur de la ville justifie sa décision «pour des raisons d’assainissement et de réhabilitation de ce marché». Mais, constate-t-on, cette décision ne rencontre pas le consentement des intéressés. «Dura lex, sed lex» (la loi est dure, mais c’est la loi), dit un adage latin.

A l’état d’insalubrité dans lequel se trouve actuellement le Marché central de Kinshasa, la décision du gouverneur Gentiny Ngobila Mbaka se justifie, dans la mesure où, à travers son programme «Kinshasa bopeto», il tient à faire de l’assainissement de la capitale son cheval de bataille. Laisser cet important lieu de négoce à son état actuel d’insalubrité, serait exposé la population kinoise à toutes sortes de maladies, à l’instar de la pandémie à coronavirus qui décime de nombreuses vies humaines.

Freddy Bonzeke et Moïse Bopili éclairent l’opinion

Face aux différentes interprétations de la décision de fermeture du Marché central, Freddy Bonzeke et Moïse Bopili, respectivement directeur de cabinet du gouverneur de la ville de Kinshasa et administrateur-gérant de ce marché, ont donné des précisions sur les travaux d’assainissement et de réhabilitation qui seront exécutés.

«Cette fermeture n’est ni un confinement déguisé, ni une supercherie pour vendre le marché commed’aucuns pensent. Au contraire, c’est une opportunité pour offrir un bijou aux vendeurs et commerçants kinois. Sur le plan touristique, ce lieu de négoce pourrait attirer de nombreux visiteurs. Le marché central de Kinshasa une fois réhabilité, les vendeurs reprendront leurs places sans aucune forme de procès», a rassuré Freddy Bonzeke.

Pour sa part, invité au magazine « Parlons-en »sur radio Top Congo Fm, l’administrateur-gérant du marché central a indiqué que, dans un premier temps, il sera question de nettoyer le périmètre autour du marché central afin que les avenues et alentours soient de nouveau fluides. Ensuite, il s’agira de construire un marché moderne. Et d’enchaîner : «A l’état d’insalubrité dans lequel se trouve actuellement le marché central, nous craignons qu’il puisse se développer une épidémie. Et étant donné que la seule évacuation des immondices nous prend une semaine, nous tenons à débarrasser le marché central de la crasse qui se trouve dans ses limites ».

D’autre part, l’administrateur-gérant a rappelé que les travaux de salubrité ont été exécutés pendant le confinement de la commune de la Gombe et auraient dû se poursuivre jusqu’à la réhabilitation complète de ce haut lieu d’échanges, mais tout s’est finalement arrêté avec le retour et l’occupation anarchiques du marché par les vendeurs et commerçants.

Moïse Bopili a également rappelé que, chaque jour, le marché central de Kinshasa produit 70 m3 d’immondices, soit 3 camions de 25 tonnes. Cela a été donc une tâche énorme durant le confinement.

L’administrateur-gérant a aussi relevé que, depuis la réoccupation post-confinement, son administration n’a plus fonctionné. Il a fait savoir que la réhabilitation consistera à réaménager les infrastructures détériorées, déboucher les égouts et construire de nouvelles canalisations et latrines etc.

Modernisé en 1971, le Marché central de Kinshasa compte, à ce jour 20.000 commerçants et 13 500 étalages, révèle Moïse Bopili.

Véron Kongo et Nouria Mukaba (stagiaire/Ifasic)