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Banyaku : «Je soupçonne une bourde pour retarder la mise en place du bureau définitif et la formalisation de la majorité parlementaire»

La session extraordinaire qui s’est ouverte le 5 janvier 2021 à l’Assemblée nationale risque de perturber son calendrier, à cause de divergence des vues qui caractérise les députés nationaux de l’Opposition et ceux du Front commun pour le Congo (FCC). Qu’en est-il au juste ? Qu’est-ce qu’on reproche au Bureau d’âge de la Chambre basse du Parlement ? Qu’en pensent les spécialistes ?

Depuis quelque temps, des nouvelles en provenance de l’Assemblée nationale font état d’une cabale montée contre le bureau d’âge que dirige Christophe Mboso N’kodia M’puanga. Il s’agit d’une pétition visant la destitution du bureau d’âge.

Selon un document publié sur les réseaux sociaux, le FCC de Joseph Kabila a déjà récolté plus de cent signatures dans le but de déposer une pétition contre le bureau d’âge de la Chambre basse du Parlement. Les signataires de ce document reprochent à ce bureau «l’excès des pouvoirs ».

Selon un élu qui a requis l’anonymat, «ce bureau s’est mis au travail en manipulant de fonds et en s’octroyant des prérogatives du questeur-adjoint de l’Assemblée nationale alors que celui-ci n’avait jamais été libéré de ses charges et la pétition mettant en cause son mandat, en qualité de membre du bureau définitif, n’avait jamais été abordée, moins encore vidée».

Il est également reproché au bureau Mboso le fait d’avoir inscrit «le contrôle parlementaire à l’ordre du jour de la session extraordinaire alors que le 2ème vice-président du bureau définitif, le seul que le Règlement intérieur charge de cette matière, n’est pas encore remplacé et, qu’en plus, cela ne relève nullement des attributions conférées au bureau d’âge».

En outre, le FCC reproche à Christophe Mboso «d’avoir trahi la charte qui le lie à son autorité morale, Joseph Kabila».

Un coup d’épée dans l’eau

Des urgences liées au bon fonctionnement des institutions du pays ont poussé le président de la République à solliciter la convocation d’une session extraordinaire à l’Assemblée nationale. Au lieu de regarder dans la même direction, on s’aperçoit que les députés nationaux sont divisés. Pour preuve, ceux du FCC veulent bloquer le déroulement normal des travaux de la session extraordinaire actuelle.

Pourtant, le chef de l’Etat, Félix-Antoine Tshisekedi Tshi-lombo, attend beaucoup de cette session extraordinaire, afin de matérialiser sa vision sur l’Union sacrée de la nation. Une vision qui, au regard de l’engouement observé ces derniers temps dans les milieux politiques congolais, intéresse beaucoup de politiciens en quête de positionnement. L’adhésion de plusieurs acteurs politiques de différents partis à cette vision du chef de l’Etat en est une illustration éloquente.

Interrogé au sujet de la pétition en gestation contre le bureau d’âge actuel, le professeur Eugène Banyaku Lwape, ancien juge à la Cour constitutionnelle a, dans une interview accordée à election-net.com, indiqué : «La démarche peut être une opération visant à jouer la montée en vue de gêner la constitution des groupes parlementaires et aussi l’investiture du prochain bureau définitif ». Et d’ajouter : «Je suis d’accord sur ce coup d’épée dans l’eau à propos des motions de FCC. Mais, je me demande si le petit bureau provisoire, où il n’y a que la personnalité de Mboso qui émerge, peut se permettre des épreuves inutiles même si on a la majorité actuellement ».

Pour lui,  il soupçonne «une bourde pour retarder la mise en place du bureau définitif, afin de gêner la mise en place des groupes parlementaires et la formalisation de la majorité parlementaire pendant cette session et la nomination du nouveau Premier ministre avant le mois de mars».

Albert Tshiambi