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Entre le chef de l’Etat, Félix Tshisekedi, Jean-Pierre Bemba du MLC, Moïse Katumbi de Ensemble pour la République, ce n’est pas encore l’impasse. Contrairement à tous les bruits des couloirs, les trois n’ont pas rompu le contact. C’est tout le contraire. En les recevant, mercredi dernier, en compagnie de Jean-Marc Kabund, président a.i. de l’UDPS, le Président de la République s’est voulu plutôt neutre, se plaçant au-dessus de la mêlée. Félix Tshisekedi sait que tous l’attendent au tournant pour en savoir un peu plus sur ce qui sera finalement l’Union sacrée de la nation (USN). Aussi cherche-t-il à se détacher des méthodes qui ont précipité la déconfiture du FCC de Joseph Kabila Dans l’USN, les premières discussions vont bien au-delà d’un quelconque partage de postes étatiques. Sur ce point, Tshisekedi ne transige pas sur le principe qu’il a tracé dans son discours du 6 décembre 2020. Avec l’USN, il attend gouverner autrement. Et lorsqu’il s’agira de se répartir ces postes, c’est à lui que reviendra le dernier mot, a-t-il dit à ses hôtes du mercredi 13 janvier.

La rencontre Bemba-Katumbi-Kabund autour de Félix-Antoine Tshi-sekedi, Président de la République, s’est déroulée «sans couac». Les proches de ces trois personnalités se montrent peu bavards sur les retombées et les coulisses de cette importante rencontre. En provocateur, selon des indiscrétions, le président a.i. de l’UDPS avait tancé les deux hôtes en annonçant que « la Primature et le poste de président de l’Assemblée nationale n’étaient pas négociables ».

Jean-Pierre Bemba et Moïse Katumbi n’ont pas trouvé d’inconvénients, apprend-on de la Présidence de la République. Pour eux, le soutien à apporter au chef de l’Etat dans le cadre de l’Union sacrée de la nation (USN) ne se réduit pas à des maroquins ministériels ni à des fonctions dans l’appareil de l’Etat.

C’est ainsi que le parti politique« Ensemble pour la République » est disposée à renoncer à un quota au sein du gouvernement, tout en apportant un soutien réel à l’action gouvernementale, a revelé à Econews un proche de Katumbi. Cette position, en apparence non tenable dans le cadre de la politique politicienne congolaise, pourrait se matérialiser avec les Katumbistes qui constituent un bloc homogène.

Le duo Bemba-Katumbi a accepté de laisser au chef de l’Etat le loisir de se choisir des collaborateurs qui répondent aux profils qui l’arrangent, après l’expérience malheureuse de deux ans passées avec Joseph Kabila et son FCC. Le chef de l’Etat, dont les qualités de fin politique s’affinent au fil des jours, sait comment satisfaire ses nouveaux partenaires.

Il sait tout aussi ce qui pourrait calmer les ardeurs de leurs lieutenants afin de s’assurer de la solidité de l’édifice Union sacrée de la nation. Cet édifice qui naît sur les cendres du FCC ne peut aller loin que si les principales composantes ont la même compréhension de ce qu’il faut pour réaliser la volonté des Congolais qui ont opté pour le changement.

En laissant au chef de l’Etat de prendre en dernier ressort la décision sur les animateurs des institutions, le duo Bemba-Katumbi a fait preuve de souplesse. Ce duo a fait la seule bonne lecture des événements qui s’impose. Félix Tshisekedi ne s’est pas débarrassé de Joseph Kabila pour s’embrigader dans un nouveau deal qui va ressembler au précédent. Il a tiré les leçons de cette expérience afin de passer à une nouvelle situation qui est favorable à une bonne gouvernance dans le pays.

Contrairement à une idée répandue, le fait de dire que les deux postes n’étaient pas négociables ne voudrait pas dire que ces postes seraient réservés à L’UDPS.

Dernier mot à Tshisekedi

Le calcul de Jean-Pierre Bemba et Moïse Katumbi est simple, susurre-t-on à la Présidence de la République. Les deux, qui considèrent détenir le tiers de la nouvelle majorité parlementaire, demandent la présidence d’une institution (Assemblée nationale ou Primature). Cerise sur le gâteau, ils exigent, dans la prochaine répartition, le tiers des entreprises du portefeuille de l’Etat, le tiers de la diplomatie et le tiers de la petite territoriale.

Dans ces conditions, ils estiment que le Président de la République, représentant en même temps l’UDPS, et les transfuges du FCC pourraient se partager les 2/3 restants, en raison du tiers pour le CACH et ses alliés ainsi que le tiers autre pour les progressistes du FCC. Une arithmétique politique dont la concrétisation est laissée au seul pouvoir discrétionnaire du chef de l’Etat.

C’est mal connaître Félix Tshisekedi qui sait poser des actes politiques qu’il faut en restant dans l’essentiel. En gardant en accord avec ses nouveaux partenaires, le dernier mot sur le choix des animateurs des institutions, Félix Tshisekedi se positionne en comptable de tout ce qui sera entrepris comme action. La sanction sera positive ou négative. Il devra assumer. Il le sait et ses interlocuteurs l’ont compris sans trop d’efforts.

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