www.econews.cd

La gratuité de l’enseignement de base bat de l’aile. Si tout le monde salue cette initiative du chef de l’Etat, nombre d’observateurs pensent que ce projet a encore du chemin pour s’enraciner dans la vie publique de la RDC.

Dans une récente déclaration, l’Eglise catholique, réunie au sein de la Cénco (Conférence épiscopale nationale du Congo) est encore revenue à la charge.

En neuf points, l’Eglise propose le schéma à suivre pour donner enfin un sens à la gratuité de l’éducation de base.

Certes, ce n’est pas une panacée, pense-t-elle, mais la Cénco note qu’en évoluant dans ce... cadre, l’initiative du chef de l’Etat pourrait enfin trouver un contenu et profiter à tous.

Pour une meilleure coordination de la gratuité de l’enseignement de base, les évêques de la Cénco reprennent une série d’actions – neuf au total - pour sauver ce processus :

  1. « revisiter la création de provinces éducationnelles et de bureaux de gestionnaires budgétivores de manière à les réduire si possible en tenant compte de la proximité ainsi que de la disponibilité financière ;
  2. de rationnaliser la création d’écoles et les bureaux gestionnaires ainsi que l’octroi d’arrêtés via un processus participatif, transparent et respectueux des normes ; de procéder au paiement de tous enseignants NU trouvés en poste au moment de l’annonce de la gratuité ;
  3. de réformer en profondeur le SECOPE pour garantir la traçabilité et la transparence dans la gestion des fonds mis à sa disposition par le Trésor public pour la paie des enseignants et revoir le contrat avec les institutions financières chargées de la paie des enseignants ;
  4. de revoir la rémunération des enseignants en tenant compte du coût de la vie: logement et transport en milieu urbain et prime de brousse pour les enseignants des milieux ruraux, conformément au statut du personnel de carrière des services publics de l’Etat. Le montant du premier palier, à savoir 170 Usd, est devenu insignifiant par rapport au coût de la vie, surtout en ville ;
  5. d’augmenter les frais de fonctionnement des écoles et des bureaux gestionnaires ;
  6. de soutenir la gratuité par des financements alternatifs de l’éducation à travers des taxes et des impôts au bénéfice de l’éducation,
  7. des apports de financements du secteur privé gérés de manière transparente par des commissions tenues par les parties prenantes et les partenaires éducatifs ;
  8. de respecter les procédures en place et activer les mécanismes de contrôles indépendants et l’application des sanctions ;
  9. de mettre en place un cadre de concertation impliquant les gestionnaires pour évaluer et améliorer dans la mesure du possible la prise de décisions en rapport avec la gratuité de l’enseignement ».

En réalité, pour la Cénco, toutes ces mesures se réduisent en un seul : l’Etat congolais doit prendre ses responsabilités. Il y a intérêt, préconise la Cénco, à parer au plus pressé pour que la gratuité de l’enseignement de base ne se transforme pas en une bombe, remettant en cause l’équilibre d’un secteur éducatif fragile.