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En perte de vitesse sur la scène politique, le Front commun pour le Congo (FCC) ne désarme pas. En réalité, la famille politique de Joseph Kabila a décidé de vendre sa peau très chère. Le FCC ne voudrait donc pas faciliter la tâche au chef de l’Etat, Félix Tshisekedi, qui s’est engagé dans la voie de l’émergence d’une Union sacrée de la nation.
Après la vague déferlante qui a fini par emporter le bureau Mabunda à l’Assemblée nationale, le FCC est décidé à régler des comptes au bureau d’âge que préside Christophe Mboso Nkodia Mpuanga.

Depuis le 11 janvier 2021, une pétition portée par Joseph Kokonyangi et signée par 140 députés nationaux, tous estampillés FCC, vise la déchéance du bureau d’âge. Une première pour la République Démocratique du Congo.

C’est la preuve que le FCC n’est pas prêt à lâcher prise. La famille politique de Kabila n’est pas non plus prête à abandonner. Désormais, c’est Christophe Mboso que le FCC accuse avoir trahi la charte qui le lie à son autorité morale, Joseph Kabila, qui est visé.
Avec le président du bureau d’âge, c’est les deux autres benjamins qui siègent avec lui qui sont également dans la ligne de mire.

En effet, le FCC accuse principalement le bureau d’âge «de la violation de la Constitution, des lois, du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale ; de l’opacité dans la gestion des finances de l’Assemblée nationale ».

Dans la pratique, la démarche du FCC a moins de chance d’aboutir. Des analystes des us et coutumes parlementaires notent que la matière d’une session extraordinaire est verrouillée dans l’ordre du jour et ne peut, par conséquent, pas être modifié en cours de la session. Qui pis est, lancer une pétition contre un bureau provisoire parait tout à fait inapproprié, chichotte-t-on dans les couloirs du Palais du peuple.

« La mission du bureau d’âge durant cette session extraordinaire est clairement définie dans la convocation et, surtout dans l’arrêt de la Cour constitutionnelle. Cette démarche de nos amis est purement et simplement un mort-né », estime un analyste indépendant Il poursuit en relevant que « la démarche du FCC, c’est de tenter le tout pour le tout pour paralyser l’Assemblée nationale en faisant la mauvaise lecture de la disposition qu’une fois le bureau mis en accusation, ses membres ne peuvent plus poser aucun acte. Or, logiquement, cette disposition ne peut pas s’appliquer à un bureau dont la mission est circonscrite et même limitée dans le temps ».

Le FCC a-t-il mesuré les limites de son action ? Difficile à dire.
Toujours est-il que la prochaine plénière à l’Assemblée nationale est prévue pour le vendredi 15 janvier 2021.

Le FCC promet de mobiliser tout ce qu’il a de soutien pour faire triompher da cause. En face, sereins, les partisans de l’Union sacrée de la nation notent que l’initiative du FCC n’a aucune chance d’aboutir.

Hugo Tamusa