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A l’instar de Félix Tshisekedi, toute la ville en parle… 

De l’ombre à la lumière. C’’est l’épilogue que vit le sénateur Modeste Bahati Lukwebo, autorité morale du regroupement politique AFDC-A (Alliance des forces démocratiques du Congo et Alliés). Acculé de toutes parts jusqu’à chercher à lui dépouiller son regroupement politique, Bahati a résisté. Finalement, les faits lui ont donné raison. Tous les dissidents qui ont pactisé avec Nene Nkul, actuelle ministre d’Etat de l’Emploi, Travail et Prévoyance sociale, retournent au bercail.

Autour de Bahati, son autorité morale, l’AFDC-A a retrouvé ses marques. Nommé informateur pour identifier une nouvelle majorité parlementaire, Bahati est bien placé pour rééditer l’exploit d’Antoine Gizenga en 2006, c’est-à-dire se faire nommer Premier ministre, après avoir été informateur. En séjour à Oyo, auprès de Denis Sassou Nguesso, le chef de l’Etat, Félix Tshisekedi, n’exclut pas ce cas de figure.

La nomination de Modeste Bahati Lukwebo comme informateur n’a surpris que les adeptes de la spéculation. Tout observateur lucide le voyait convenir à la tâche. De la même manière, à ce jour, il s’ouvre devant lui la voie qui conduit à la Primature.

Modeste Bahati a été le pionnier, le tout premier acteur du Front commun pour le Congo (FCC) qui a fait la fronde à sa manière. Il a osé affronter le candidat de l’autorité morale au perchoir du sénat. Héroïquement, il avait été battu à la régulière. Mais c’est mal connaître ce professeur de comptabilité à succursales multiples. Il s’était positionné auprès du chef de l’Etat, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo. Pendant la période des humiliations du FCC, lui a consolidé la confiance avec le président de la République et tous ceux qui ont de l’influence.

Modeste Bahati a su mettre tout le monde d’accord sur ses qualités de rassembleur. Tellement, il a la capacité de parler avec tout le monde, certains élus ont trouvé en lui la garantie que l’Union de la nation sera différente des pratiques du FCC : mépris, imposition, mots d’ordre sans consultation; bref, une vassalisation déshonorante.

Avec Bahati, ils savent que c’est tout le contraire. L’homme est accessible. Bahati discute avec ses interlocuteurs parce que dans sa stratégie politique il applique l’art de convaincre. De l’informateur au formateur donc Premier ministre, le chemin est tout tracé pour lui. Le chef de l’Etat, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, n’en fait pas mystère.

A Oyo, la ville natale du président Denis Sassou Nguesso du Congo-Brazzaville, le président de la République a trahi sa pensée, parlant de l’évolution de la situation présente dans le pays.

«En RDC, l’informateur est à l’ouvrage depuis le 1er janvier (…) Sa tâche est de constater une nouvelle coalition et à ce moment nous allons désigner un formateur. Ça sera soit lui, soit une autre personne qui sera chargée cette fois-là de former le gouvernement. C’est à cela que nous sommes pour le moment.

L’Assemblée nationale est en session extraordinaire pour, entre autres, la mise en place du bureau définitif parce que là aussi il y a eu des bouleversements et le vote de certaines résolutions comme la ratification du Traite de la ZLECAF. On a reçu des propositions de nos partenaires. C’est un passage obligé ».
Ce n’est pas un lapsus, mais une ligne politique, mieux une option levée.

Le gros outsider favori

De gros outsider face à Jean-Pierre Bemba et Moïse Katumbi, Modeste Bahati est en train de passer au statut de favori tellement il peut mettre d’accord et le président Tshisekedi, et Bemba et Katumbi en plus des transfuges du FCC. Il en a les capacités politiques et humaines. Au sprint final, Bahati va surprendre ! C’est sûr et certain. En toute logique, Bahati a travaillé durement pour que tout converge vers sa personne. Sans gêner qui que ce soit, Bahati a travaillé en sa faveur.

Il est vrai que Jean-Pierre Bemba aussi travaille durement pour se constituer une base solide et se vendre comme Premier ministre de Félix Tshisekedi. Poids lourd, il fera de l’ombrage au chef de l’Etat. Historiquement, Bemba est toujours opposé à l’UDPS. Nul observateur ne prévoit voir Félix Tshisekedi offrir à un potentiel adversaire des moyens de le combattre prochainement.

Bemba doit rassurer et Félix Tshisekedi et la classe politique dans son ensemble. D’ailleurs, le travail de fourmis qu’il abat va dans le sens de consolider l’Union de la nation. Mais ce n’est pas suffisant en politique parce que toutes les contingences sont prises en causes, y compris l’histoire.

A tout considérer, sauf un Premier ministre technocrate, mais le temps ne s’y prête pas ou un Premier ministre sorti des manches de l’UDPS, c’est Bahati Lukuebo qui fait actuellement consensus et qui apparaît comme un dénominateur commun à la classe politique.

Dans l’entourage de Moïse Katumbi, la question n’est pas à l’ordre du jour, à en croire Dieudonné Bole-ngetenge, secrétaire général de son parti.

A la question de savoir si Moïse Katumbi aurait également des visées pour la Primature, Bolengetenge a préféré botter en touche : « C’est une question à laquelle seul Moïse Katumbi peut répondre  (…) La seule chose que je peux dire ce que nous nous interdisons de mettre la charrue avant le bœuf ».

Toujours est-il que, dans la course à la Primature, Modeste Bahati, qui continue ses consultations, aura une carte à jouer.

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