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De loin le pays le plus affecté par la pandémie à Covid-19, les États-Unis atteignent de nouveaux sommets en termes d’infections et de décès. Un expert avertit que le pire semble à venir alors que les hôpitaux peinent à suffire à la tâche et le disent ouvertement. Et les déplacements à l’occasion de la semaine de Thanksgiving ne vont rien arranger.

Le New York Times recensait ce 28 novembre plus de 13 millions de cas de personnes ayant été infectées par le coronavirus depuis le début de la crise et «au moins» 264.700 décès. «Le nombre de cas grimpe dans la plupart [des régions] des États-Unis», écrit le quotidien, «ce qui conduit à de terribles avertissements concernant des hôpitaux pleins à capacité, des professionnels de la santé épuisés et un accroissement des confinements».

Même le petit État du Vermont, bordé au nord par le Québec et qui n’a signalé aucune victime de juillet à novembre, n’échappe plus à la vague de Covid-19. Il adopte désormais de nouvelles mesures de restrictions, rapporte le Boston Globe.

Dans les États de New York, du New Jersey, du Massachussetts, du Connecticut, de la Louisiane, de Rhode Island, du Mississippi et du Dakota du Nord, on a enregistré le 27 novembre au moins un décès par 1.000 habitants, indique le Washington Post.

Des systèmes de soins «au bord de la rupture»

«Du Nouveau-Mexique au Minnesota et en Floride, les hôpitaux débordent de cas records de patients atteints par le Covid», souligne encore le New York Times. Insuffisance de lits et de personnels pour traiter les malades : les systèmes de soins de santé «sont au bord de la rupture» affirme Michael Osterholm, un des membres de l’équipe de transition du président élu Joe Biden dans un podcast du Center for Strategic and International Studies (CSIS, un think tank basé à Washington et spécialisé dans les relations internationales).

Des travailleurs de la santé du réseau hospitalier UW Health au Wisconsin ont demandé aux citoyens de l’État dans une lettre datée du 22 novembre de les aider immédiatement à combattre le virus, à défaut de quoi ils ne seront plus en mesures de traiter leurs maladies.

Le pire serait à venir

Alors que la semaine de Thanksgiving prend fin, une experte contactée par CNN est sûre que la pandémie va s’aggraver dans les semaines à venir, avant la venue d’un possible vaccin pour aider à remédier à la situation.

«Nous ne pouvons pas baisser la garde», avertit la docteure Leana Wen, rattachée à l’école de santé publique Milken Institute de l’université George Washington. «Les vaccins feront une grande différence au printemps et en été, confie-t-elle à la chaîne, mais ils ne feront aucune différence pour le moment.» Mme Wen affirme que les États-Unis sont loin de voir la lumière au bout du tunnel. Au contraire, ajoute-t-elle. «Nous nous acheminons plutôt vers une calamité. Nous allons bientôt franchir la barre des 2 .000 morts par jour et atteindre 3.000, 4.000 décès quotidiens ».

De sombres prévisions alors que des millions d’Américains ont complètement ignoré les recommandations des Centres américains pour le contrôle et la prévention des maladies de ne pas se déplacer et pris la route pour célébrer le week-end de Thanks-giving.

Vaccins contre le Covid-19 : Course à la livraison

Le vaccin n’est pas encore là mais 5,3 milliards de doses ont déjà été préa-chetées par des pays riches représentant 13 % de la population mondiale. Les pays pauvres passeront-ils après tout le monde pour accéder au vaccin contre le Covid-19 ?

Selon un rapport de l’ONG Oxfam, 51 % des futures doses ont été préachetées par un groupe de pays riches représentant 13 % de la population mondiale, rapporte le journal suisse Le Temps.

Le rapport souligne avec urgence la difficulté qu’aura une partie de la population mondiale à trouver des vaccins dans la période initiale. Pour Oxfam, «l’accès vital aux vaccins ne doit pas dépendre d’où l’on habite ni de l’argent qu’on a».

Les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Union européenne, le Japon, l’Australie, Hong Kong, la Suisse et Israël ont réservé 5,3 milliards de doses auprès de cinq fabricants en phase III des essais cliniques, garantissant ainsi «en avance la production et la livraison de doses si les essais cliniques en cours étaient concluants». Dans cette course à l’approvisionnement, les Américains se feraient même livrer des doses dès la fin de cette année afin de pouvoir les distribuer dans les 24 heures suivant une éventuelle autorisation sanitaire.

Les chiffres avancés par Oxfam se fondent sur cinq des neuf vaccins actuellement en phase III, pour lesquels les contrats de pré-approvisionnement ont été rendus publics : ceux du groupe européen AstraZeneca, de l’institut russe Gamaleïa, de l’entreprise de biotechnologie américaine Moderna, de l’Américain Pfizer et du laboratoire chinois Sinovac.

Même dans le cas «extrêmement improbable», selon Oxfam, où les cinq vaccins réussiraient à passer les essais cliniques, 61 % de la population mondiale n’aurait pas de vaccin avant au moins 2022.

Le reste des pré-achats analysés par l’ONG se répartissent entre «l’Inde, où se trouve le fabricant géant Serum Institute of India, le Bangladesh, la Chine, le Brésil, l’Indonésie et le Mexique».

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